Nouvelle adresse.

Je ne sais pas si j’ai encore des visiteurs sur cette tentative de reprendre un blog consacré à mes lectures.

J’ai décidé d’arrêter de vouloir m’obstiner quand l’envie n’y est plus, et de repartir du bon pied, sur un blog qui parlera de tout. Histoire de recommencer à zéro, cette fois.

Au plaisir de vous y voir, peut être.

 

http://lacollectionneusedemoments.wordpress.com/

Les étranges talents de Flavia de Luce d’Alan Bradley.

Image

Nous serons sans doute d’accord, chers lecteurs, pour dire qu’une bonne couverture est le début d’une envie d’achat. Un bon titre également, mais l’aspect visuel est primordial, ce qui est assez perturbant quand on y pense, parce que parfois de très mauvais livres ont des couvertures sublimes. Ici ce n’est pas le cas, la couverture est belle, et l’intérieur passionnant.

De quoi parle donc ce roman? Des aventures de Flavia de Luce, une jeune effrontée de onze ans, qui décide d’enquêter sur la mort d’un inconnu qui a eu la mauvaise idée de mourir dans son jardin, et dont elle a entendu les derniers mots  » Vale… ». Armée d’une intelligence peu commune, d’un amour passionné pour les sciences, et de sa bicyclette Gladys, elle va déchiffrer peu à peu les mystères qui entourent ce crime.

Je me suis très vite attachée à Flavia, qui si elle est parfois un peu peste, notamment avec ses deux soeurs aînées, Ophélia et Daphné, est terriblement futée et débrouillarde. Les passages relatant ses expériences chimiques, sa façon d’ouvrir les serrures pour se faufiler où elle l’entend, et son côté malicieux m’ont beaucoup plu. Cela m’a rappelé un peu les « amitiés littéraires »  de mon enfance, Fantômette, Alice, et toutes ses détectives en jupons qui se débrouillent tellement mieux que les hommes. L’enquête en elle-même est très bien ficelée, avec des étrangetés à la Agatha Christie, comme une histoire de timbres, une menace avec un oiseau, et un parfum de mystère à l’anglaise (bien que l’auteur ne soit pas anglais). Avec l’héroïne nous remontons petit à petit le fil du temps, à la recherche de la vérité, et je n’aime rien autant que d’essayer de comprendre et de dénouer l’intrigue avec le personnage principal de l’histoire au fur et à mesure de l’avancée du récit. Petit à petit le brouillard se lève, les indices s’accumulent, et avec un peu de chance, l’on devine qui est le meurtrier, ou du moins on le soupçonne.

C’est une lecture que je vous conseille si vous aimez vous plonger dans un policier un peu à l’ancienne, sortir un peu des éternels serial-killers (même si j’adore ça aussi), des enquêteurs au passé douloureux, et des ambiances lourdes.

Quant à moi, je vais vite retrouver mon amie Flavia pour ses aventures suivantes, elle me manque déjà !

Les yeux jaunes des crocodiles et ses suites, de Katherine Pancol

Image

Avant que j’aille voir le film « Les yeux jaunes des crocodiles » au cinéma avec mes parents, un samedi ensoleillé précédant mes examens, je n’avais absolument aucune envie de lire cette trilogie. Honnêtement, j’avais plutôt une mauvaise image de Katherine Pancol, allez savoir pourquoi. Peut être parce que les personnes m’en ayant dit du bien aiment aussi Marc Levy et Guillaume Musso.

Et puis, j’ai aimé le film. Alors je me suis dit que si le film était bien, le livre devait être mieux. (c’est une règle qui s’applique quand même dans 90% des cas) Ma mère a acheté les trois livres, et me voici commençant ma lecture. Et j’ai aimé. J’ai adoré et détesté les personnages. J’ai tourné, et tourné les pages pour savoir la suite.

Mais, avant de vous donner un avis plus détaillé, ça raconte quoi au fait? (pour les rares gens n’ayant pas lu ces livres)

Ce roman, c’est surtout l’histoire de Joséphine et d’Iris, deux sœurs absolument dissemblables. L’une est chercheuse au CNRS, spécialisée dans le moyen-âge, l’autre mène une existence dorée où elle s’ennuie. Joséphine peut paraître au départ ennuyeuse, terne, trop repliée sur elle-même, tellement peu préparée à la dureté de la vie. A contrario, Iris est flamboyante, mais ce n’est qu’un vernis. Les deux sœurs vont être liées par un pacte qui va bouleverser leur vie.

Je n’en dirais pas plus, parce ce serait dommage si vous ne l’avez pas lu que je vous gâche le plaisir de découvrir l’histoire par vous même.

J’ai dévoré la trilogie, gage de ma passion pour cette histoire, même si elle n’est pas exempte d’imperfections. J’ai découvert avec Katherine Pancol, une vraie plume, une écriture que j’ai beaucoup aimée, et des personnages parfois un peu loufoques, mais très bien construits. J’ai aimé cette palette incroyable que l’on croise dans les romans. Certains partent, réapparaissent, à l’image des gens que l’on croise dans une vie. Ce détail m’a beaucoup plu. J’ai également aimé que l’auteur ne soit pas toujours tendre avec ces personnages principaux. Prenez Joséphine par exemple. Elle s’en prend plein la figure, et c’est en cela qu’elle est intéressante. Finalement, Joséphine se révèle par l’adversité. En se construisant petit à petit, en sortant de sa carapace. Bien sûr, elle est parfois terriblement pénible (dans le dernier tome notamment) avec ses éternels atermoiements, mais loin de m’indigner de ce détail, je trouve que ça colle plutôt bien au personnage. Même si c’est de la fiction, c’est très important de ne pas trahir le caractère d’un être qu’on a construit. J’approuve l’auteur pour cela. (peut être parce que je suis apprenti écrivain?)

La seule chose qui m’a un peu chagrinée, c’est le personnage de Junior. Un peu trop loufoque, un peu trop décalé pour que j’adhère vraiment. J’avais déjà eu un peu de mal avec l’ascendance de Shirley, la meilleure amie de Joséphine, mais là, Junior, non c’était trop pour moi.

Mais ce n’est que des détails. Si vous voulez passer un long moment en bonne compagnie, je ne peux que vous conseiller la lecture de ces livres. Personnellement ils m’ont permis de m’évader totalement, et c’est ce que je recherche.

This the end. Or the beginning ?

Image

Aujourd’hui, j’ai rendu ma mallette. Cela a vraiment sonné la fin de ma formation. Il me reste quelques heures de stage, mais bon globalement, voilà, c’est fini.

Huit mois et demie de formation intensive, ça vous change. On ne s’en pas forcément compte au départ, mais c’est progressif, et pour ma part, je suis sortie doucement de mon cocon, et me voilà prête à m’envoler. J’ai mille envies, et je crois en moi. JE CROIS EN MOI. C’est un truc incroyable. Je n’aurais jamais pensé que ça puisse m’arriver, mais voilà, j’ai cessé de traîner mes vieux démons. Ils se réveillent encore parfois, me font coucou, mais je ferme la porte. J’ai compris qu’on se créait notre vie, qu’on était globalement maître de notre destin, et que la peur ne servait pas à grand chose.

Il y a deux ans, je partais de Bordeaux. Sans le vouloir, en traînant les pieds, et en espérant y revenir. Parce que j’aimais. Comme je fais tout, avec passion, entêtement, aveuglement. J’ai eu le cœur brisé, et j’ai cru que jamais je ne m’en remettrais. Et puis de l’eau a coulé sous les ponts.

Et j’ai décidé de m’aimer moi. De me consacrer à mon chemin, d’adorer mes amies d’être là, d’accepter les défauts de mes proches (du moins certains).

Du coup depuis septembre, il m’est arrivé un nombre incroyable de choses et comme j’aime les listes voilà un résumé de ce qui m’a empêché d’écrire souvent ici :

-J’ai appris à faire la pâte à choux, à foncer des tartes, à faire des mousses, de la pâte à bombe, à tempérer du chocolat, à dessiner au cornet, et pleins d’autres choses techniques.

-J’ai compris que parfois il faut obéir bêtement et rentrer dans le cadre, un temps, même si on a envie de ruer dans les brancards et de jouer les Don Quichotte. (mais ça ne m’empêche pas de râler)

– J’ai brisé un coeur, et j’ai compris que l’amour ne vient pas avec le temps.

-J’ai chanté du Disney sur Skype avec un ancien voisin et un japonais. C’était drôle, c’était épique, et j’en rigole encore.

-J’ai rencontré une super fille que je suis ravie d’avoir maintenant comme amie. C’était pas prévu, c’était une belle surprise, et j’en suis ravie.

-J’ai trop souvent pris le premier métro, ai failli me faire agresser par un cinglé avec un couteau, et me suis fait draguer par des gens ivres. Vive les boulots qui vous font commencer (trop) tôt.

-J’ai souvent mangé japonais, j’ai trouvé un nouveau QG pour l’heure du thé, et je me suis réconciliée avec la salade.

– J’ai eu des discussions supers sérieuses sur l’amour, la vie, les couples, avec quelqu’un d’infiniment sage. Une belle rencontre.

– J’ai compris qu’il y avait des gens à qui on ne pouvait pas trouver d’excuses. Et qu’on était pas chez les bisounours. (vu mon âge, il était temps.)

-J’ai laissé quelqu’un s’éloigner de moi. Je sais que les liens petit à petit se distendent, que rien ne saura jamais plus comme avant, je trouve ça terriblement dommage, mais j’ai compris qu’on ne pouvait pas retenir les gens qui ne veulent pas. Parfois, il faut accepter que le passé est le passé. Et même si ça continue de me rendre terriblement en colère, que je trouve que c’est du gâchis, je ne peux pas maintenir une relation à bout de bras. Alors, tant pis !

-J’ai passé mon premier Noël en tant qu’apprentie pâtissière. C’est un peu comme la guerre, Noël, en pâtisserie.

-Je suis devenue très franche. Parfois je mets un peu les pieds dans le plat, mais j’ose aussi dire des choses qui me paraissaient avant niaises, dire aux gens que je les apprécie, demander des numéros, râler quand je ne suis pas d’accord, m’imposer s’il le faut…

-J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup fait l’idiote, et ri. Et j’ai énormément pleuré.

 

Bref, c’est un peu mon printemps à moi. Comme un cerisier qui fleurit.

 

Et si parfois, c’est très fatiguant de « grandir » d’un coup, c’est formidable. Et ce n’est que le début !

 

(et promis, je reviens bientôt. Quand j’aurais rattrapé mon retard en lectures, en séries, en films…)

Les lieux sombres de Gillian Flynn

Image

Encore Gillian Flynn, oui. Mais bon, généralement quand je découvre un auteur, et que je l’aime, je m’empresse de lire d’autres choses de sa plume, pour prolonger la magie.

Les lieux sombres nous plonge dans l’histoire tragique de Libby Day, rescapée d’une tragédie qui vingt-cinq ans plus tôt, a emporté sa mère et ses deux sœurs, tuées par son frère aîné. La survivante est dépressive, vit au jour le jour, a tendance à être kleptomane, et traîne son désamour de la vie, tout en enfouissant profondément ses souvenirs d’un passé révolu. Néanmoins, l’argent vient à lui manquer, et incapable d’avoir une vie normale, elle se résout à rencontrer un club bien particulier de détectives amateurs et d’amoureux des crimes qui la persuadent de réfléchir à la culpabilité de son frère. Et si le témoignage qu’elle avait fait des années auparavant lui avait été suggéré? Son frère serait-il innocent? Et qui, alors, serait responsable de la tuerie?

Comme dans les Apparences, l’auteur nous emporte dans un récit, encore plus amer, dans les pas de cette femme brisée, qui semble être en pilote automatique, sans émotions réelles. Des retours dans le passé et des points de vue multiples nous permettent petit à petit de dénouer le fil de cette sinistre affaire, et de connaître le quotidien des Day. Ils forment une famille un peu perdue, monoparentale, vivant dans une misère financière et parfois affective, avec une mère dépassée qui a fait de mauvais choix. Quant à Ben, l’aîné, il est un coupable idéal pour ce massacre, tant et si bien qu’on se demande jusqu’à la fin s’il l’est ou non. Paumé, adolescent fragile à qui l’on en demande trop, il nous fait osciller entre pitié et dégoût, doutes et certitudes.

Si ce n’était la fin qui m’a un peu parue tirée par les cheveux, ou du moins une partie de cette fin, je dirais que ce livre est un coup de cœur, et qu’encore une fois, j’ai été emportée par la puissance du récit. Dommage, que ce dénouement tarabiscoté sonne un peu faux et un peu trop hollywoodien dans la démesure pour que cela finisse justement.

Mais une très bonne lecture tout de même, que je conseille !

Le paradoxe de la fraise.

IMG_6719(cet entremets n’est pas à la fraise contrairement ce que suggérer le titre de l’article, mais étant donné qu’il contient de la purée de framboise, il illustre plutôt bien ce que je veux dire vu qu’il s’agit d’une réalisation d’hiver.)

J’ai commencé ma formation en pâtisserie depuis un peu moins de six mois, et bêtement, j’imaginais garder un regard émerveillé sur ce monde fait de farine, de sucre, de créativité et de précision.

Oui, et non.

J’aime toujours autant la pâtisserie, mais, être en stage, et ensuite devoir travailler dans ce milieu, est quelque chose que j’appelle le paradoxe de la fraise. Ou plutôt, le problème de l’offre et de la demande, de l’éducation du client, et de respecter ou non mes principes.

Là comme ça, ce n’est pas très très clair ce que je vous raconte. Mais j’y viens.

Je ne vous ferais pas l’insulte de vous dire qu’il y a des saisons pour chaque fruits, et que normalement, on ne devrait pas vouloir manger des fraises en hiver, ou des poires en juin. Nos ancêtres ont suivi le cycle des saisons, ce sont débrouillés en faisant des conserves, et des choses plutôt naturelles, pour s’octroyer de temps en temps une petite touche d’été en plein hiver, tout en respectant la nature. Ce qui me semble essentiel. Alors, pourquoi, aujourd’hui, nous demande t-on un fraisier en plein hiver? Où je travaille en stage (et je ne suis pas la seule à vivre ce genre de pratiques), nous faisons encore des tartelettes aux fraises, et aux framboises. Autant vous dire que les fraises sont chères, et n’ont que peu de goût. Elles sont énormes (je n’ai pas pris de photo, mais on pourrait les croire modifiées génétiquement), blanches sur le dessus, et donnent du coup un résultat pas très très joli qui exaspère la pâtissière qui me forme en entreprise. Les framboises sont elles surgelées.

Je vous demande donc, quel est l’intérêt? On fait donc venir des fraises sans doute de loin, cultivées dans des conditions que je n’ose même pas imaginer, tout ça pour quoi? Un client qui a la lubie de manger des fraises? Ou un patron qui ne veut pas risquer de perdre un client?

A mon sens, quand on est acteur du goût, dans la cuisine, la pâtisserie, la boulangerie, on se doit d’éduquer à la fois les papilles mais aussi la conscience du client. Non, on ne doit pas manger de fraises en hiver. Oui, il vaut mieux payer un peu plus cher un gâteau qui sera fait avec des ingrédients avec très peu d’additifs, plutôt que de payer des entremets constitués de « mix » (on appelle ça comme dans la profession, c’est un peu à la grande pâtisserie ce que les préparations toutes faites de cookies sont à notre petite cuisine chez nous), qui font gagner du temps, mais qui nous font manger des choses que l’on a pas envie d’avoir dans notre corps.

Je ne veux pas forcément être donneuse de leçons, mais il me semble que nous devrions être plus attentifs à ce que nous faisons, voulons, et que nous ne nous porterions que mieux si nous respections le rythme des saisons, par l’alimentation. Chaque saison a ses richesses, et comme la pâtisserie est synonyme de créativité, il me semble que cela est fort possible.

Autant vous dire que si mon amour de la pâtisserie est intact, mes envies changent. Je veux pouvoir respecter ces principes et offrir cela a de futurs clients. Alors… Je réfléchis.

Les apparences de Gillian Flynn

9782253164913-T

Décidément, 2014 commence bien littérairement parlant. Après Purge, j’ai changé totalement de registre avec ce polar acheté dans une librairie que j’affectionne particulièrement, en compagnie d’une très bonne amie (et sous ses conseils ) (comme elle est libraire, ça aide. Même si elle habite trop loin.)

Bref, venons-en au livre.

Les apparences c’est l’histoire d’Amy et de Nick, couple de trentenaires victimes de la crise économique, qui obligés de quitter New-York après avoir perdu leur emploi (bien que l’obligation vienne du fait que les parents de Nick soient malades), se retrouvent dans une petit ville du Missouri. Amy  reste à la maison pendant que Nick ouvre un bar avec sa jumelle. Ils forment en apparence un couple parfait, jusqu’au jour où Amy disparaît, alors qu’ils s’apprêtent à fêter leur cinquième anniversaire de mariage.

J’ai adoré ce livre. L’intrigue s’installe doucement et au départ, je ne m’attendais pas forcément à être plus emballée que ça. Je m’attendais à un roman très psychologique, certes, mais plus à quelque chose de plus contemplatif. Que nenni mon bon ami. L’auteur m’a retournée le cerveau. Et je me suis mise à réfléchir, à ne plus savoir quoi croire, à passer d’une sympathie très engagée pour Nick, puis à le détester, à adorer Amy puis à  changer encore d’avis.

J’ai été très très surprise, et j’ai adoré ça. La fin glace le sang, je ne vous dirais pas pourquoi, mais ce n’est pas une question de « gore », non, c’est  encore tout en finesse, mais qu’est-ce que c’est atroce !

Mention spéciale aussi aux points de vue alternés, aux extraits de journaux, la lecture est encore plus agréable.

A lire donc, vraiment !

Purge de Sofi Oksanen

9782253161899-TRésumé de l’éditeur : 1992, fin de l’été en Estonie. L’union soviétique s’effondre et la population fête le départ des Russes. Sauf la vieille Aliide, qui redoute les pillages et vit terrée dans sa ferme. Lorsqu’elle trouve dans son jardin Zara, une jeune femme meurtrie, en fuite, que des mafieux russes ont obligée à se prostituer à Berlin, elle hésite à l’accueillir. Pourtant, une amitié finit par naître entre elles. A travers ces destins croisés pleins de bruit et de fureur, c’est cinquante ans d’histoires de l’Estonie que fait défiler Sofi Oksanen.

Si vous voulez de la légèreté, n’ouvrez pas ce livre. Je n’étais pas forcément préparée à la violence de ce roman, à son côté sombre, et j’ai été au départ un peu désarçonnée. Je n’ai plus l’habitude de lire ce genre de récit. Je m’adoucis avec des histoires d’amour, avec des choses légères et drôles, alors être confrontée à l’histoire de ces deux femmes meurtries par la vie, à leurs failles et à leurs blessures, fut au départ un peu difficile. Néanmoins, le style de Sofi Oksanen vous happe d’une façon que vous ne pouvez plus reposer le roman. Il vous faut savoir. Comprendre. Le lien qui les unit, leur histoire, qui est ce Hans avec qui tout commence. Il y a parfois une certaine poésie dans les descriptions de l’auteur, malgré la dureté de ces propos. La scène où Aliide découvre Zara dans son jardin ne manque pas de beauté, même si Zara est une femme perdue, remplie de bleus, et qu’elle tient plus de l’animal apeuré que de l’être humain.

La rencontre presque muette de ces deux êtres est émouvante, poignante, parce que malgré le silence, quelque chose résonne. C’est dans leur tête que nous apprenons qui elles sont. Que nous suivons leur parcours, en espérant qu’il y ait du beau, qu’il y ait quelque chose qui sauve le reste…

C’est une lecture que je vous conseille vivement, et c’est un premier coup de coeur pour 2014, même si ce fut dur. Je pense lire assez rapidement Les Vaches de Staline, du même auteur.

 

Une nouvelle année, des résolutions à la pelle

Happy-New-Year-2014-Vintage-Background-Vector

Une très belle heureuse année à vous qui passez ici…

2013 fut une année très silencieuse (en matière de blog tout du moins), et je compte bien que 2014 soit autre. I’m back ! Pleine d’envies, de motivation, et bien décidée à ne plus me laisser manger par le temps, cet être sadique qui s’empare de vous et vous force à entrer dans un tourbillon sans fin.

Donc, 2014 sera une bonne année, après tout, à moi de tout faire pour qu’elle le soit non? J’avais un peu décidé la même chose en 2013, et il y a eu quelques très jolies choses dans ma vie. Le reste s’effacera avec le temps, parce que c’est toujours ainsi que font les choses, les couleurs fanent, et au final, ce ne sont que les choses qui marquent qui restent.

Quelques bonnes résolutions en ce 1er janvier :

– Prendre le temps de lire un peu plus que ces derniers mois, parce que ça me manque terriblement, et que j’ai beaucoup de choses à lire.

– Me remettre à partager ce que j’aime, ici, que ce soit intéressant ou non.

– Réenchanter un peu mon quotidien. Parce que la fatigue me rend tristounette, et que c’est pas le moment de se laisser abattre !

-Prendre le bon de la vie, et laisser le reste de côté.

– Chérir mes amies, pour ce qu’elles sont, et les garder à mes côtés. Parce qu’elles font de la vie quelque chose de brillant.

– Être plus indulgente vis à vis de moi même. Cesser de voir le verre à moitié vide, le chemin encore à accomplir. Accepter que je ne suis qu’humaine, et que tant que je fais tout ce que je peux, c’est l’essentiel, et je dois en être fière.

– Donc, au final, m’aimer. Ne plus aimer des gens qui ne me le rendent pas, et à la place, commencer à voir en moi quelqu’un de plutôt bien. (ce serait déjà pas mal)

-Continuer à être une gamine enthousiaste à propos de tout, à mettre des chaussettes ridicules et des bonnets concons. Parce que c’est ce que je suis, et qu’à mon âge, je peux m’assumer.

-Rire, pleurer, crier, vivre intensément. Parce que la vie passe vite.

-Ne jamais dire jamais (« faut jamais, dire jamais, jamais dans la vie ! »

Et tant d’autres choses que je garderais pour moi, et espère bien tenir !

Et vous, des résolutions à prendre et à tenir?

Les plumes 15

Image

Asphodèle organise comme à chaque période de vacances (me semble t-il), un atelier d’écriture joliment nommé les plumes, et je vous invite à aller lire chez elle de quoi il retourne et par la même occasion à aller visiter son blog si vous ne le connaissez pas.

Nous devions donc écrire un texte contenant les mots suivants :

angoisse, silence, assourdissant, rue, paix, musique, exister, ténèbres, se ressourcer, naviguer, espace, bienfaisant, errance, vide, partager, austral, assis, ambivalent, manque,  obsidienne, orage, onde.

Je dois vous avouer que je me suis laissée porter par les mots, et que plus qu’un texte, c’est une partie de moi que je vous livre, et de ce qui a été ma vie pendant ces derniers mois. Au final cela donne (à mon sens) un texte assez universel, dans le sens où quiconque a un jour souffert de l’absence de quelqu’un est passé par là. On en ressort grandi et parfois, cela permet de nous trouver. Mais je vais arrêter de bavasser, et je vous laisse avec mon texte, qui est imparfait (j’ai travaillé tous les jours cette semaine, et quand on se lève à quatre heures du matin, on a plus les idées très claires en fin de journée), mais sincère.

Au départ, il y eu l’absence. Faite de manque, d’un silence assourdissant, d’une perte de repères, et d’angoisses sans fin. Cette impression tout à coup de ne plus avoir de buts, de tomber dans un puits sans fond, dans les ténèbres les plus épaisses, sans possibilité de retour en arrière. Parce qu’il existait, qu’il était la lumière bienfaisante qui me sortait de mes errances, qu’il prenait tant d’espace que je pouvais me faire toute petite, je m’abritais derrière lui. Il était mon bouclier, comblait le vide, me protégeait des gros orages comme des petites ondes.

Ensuite, il y a eu la complaisance. Les musiques larmoyantes, le ressassement, les pleurs, et l’impression ambivalente d’être vivante et morte à la fois, qui semble ne jamais vouloir nous quitter. Aussi tranchante qu’une lame d’obsidienne, violente et passionnée, cette période où l’on hurle sur quiconque veut nous aider, où l’on se sent incompris, naviguant en eaux troubles, en se disant que cela ne s’arrêtera jamais.

Maintenant, il y a une certaine paix. Si parfois un visage dans la rue, un prénom trop familier, un sujet doux amer, créent de petites vagues de mélancolie, quelques larmes au coin des yeux, il y a plus souvent une acceptation. La solitude n’est plus une ennemie. Présente, parfois amère et souvent douce, elle est devenue une habitude. Au fond, c’est une cohabitation qu’elle et moi nous expérimentons. Elle me renvoie à mes doutes, me force à chercher un point d’ancrage, à me remettre en question. Mais souvent, quand je suis assise sur un banc, au milieu de la foule, à écouter la mélodie des pas pressés des passants, elle me permet de me ressourcer. Je suis là, vivante, le sourire aux lèvres, à absorber ce que je peux, à me gorger de soleil austral quand il y en a, et à attraper et partager de rares sourires flottants avec des inconnus. Et je peux enfin l’apprécier.

Et qui sait… La vie est une boite de chocolats, n’est-ce pas ?